je ne sais pas si j’ai le droit de dire que Tchekhov, pour moi, c’est un peu comme Cocteau / un grand auteur de théâtre classique et accessible qui écrit des personnages tout à fait réels / La mouette le dit d’ailleurs: l’auteur se compare à Tolstoï et à Tourgueniev, frustré de ne – peut-être – pas les égaler // la pièce raconte des tragédies amoureuses qui se croisent / couples de personnages qui se font et se défont et ne s’aiment jamais simplement / mais dans cette mouette, jouée au Théâtre-Studio d’Alfortville (d’ailleurs menacé), le texte est positivement éclipsé par la mise en scène nerveuse de Benedetti et le jeu des acteurs, tous formidables / notamment celui de Florence Janas, blonde magnétique remarquable de charme // le rythme fusé des dialogues signe toute l’urgence de dire, de parler à l’autre pour qu’il nous comprenne enfin // Le lac, personnage central de la pièce, n’est pas figuré et la mouette est simplement crayonnée à la craie au pied de cette femme / malgré le rythme rapide et fluide, Benedetti prend le temps de raconter l’amour désespéré /.
La Mouette d’Anton Tchekhov
Mise en scène / Christian Benedetti
Avec Brigitte Barilley, Marie-Laudes Emond, Florence Janas, Anamaria Marinca, Nina Renaux, Christian Benedetti, Christophe Caustier, Philippe Cruzéby, Laurent Huon, Xavier Legrand, Jean Lescot.
quelle magnifique photo d’iphone,on s’y croirait (presque) // (c) Ln
je retrouve un des groupes de mon adolescence en concert / stick a bush / hello carol / dreadlocks the time is now / natty dread / mix up / Al Griffiths, le fils, a remplacé le père, Albert / et est tout autant good vibes / classic reggae roots = c’est si simple de me mettre de bonne humeur /.
The Gladiators / Cabaret Sauvage / 30 novembre 2011
l’expo Munch à Beaubourg a quelque chose de doux (comme neige fraiche sur l’avenue ou nuit étoilée) et amer à la fois (comme l’autoportrait de celui qui admet, résigné, un autportrait entre l’horloge et le lit) // souvent nostalgique, avec deux êtres humains, les solitaires / ses toiles et l’obsession pour certaines images, dont beaucoup sont répétées et reconduites, figurent les parties de l’œuvre / lui, qui dira: “Tous ces tableaux sont différents – Certains me reprochent d’en avoir peint des quantités – Mais je dis : quand je suis tellement habité par cette image – et – n’est-ce pas aussi valable que de peindre des centaines de pommes ou de violons sur une table ?” / offre une belle rétrospective de l’enchevêtrement de sa vie et de son œuvre, de ses recherches dans le domaine du symbolisme et du réalisme et de ses influences, notamment la photo qui lui permet d’inscrire les images, mais surtout de figurer l’imbrication de l’artiste, le corps dans lequel il vit et l’œuvre qu’il fait de sa vie // et aussi le théâtre intimiste et symboliste, pour ce qu’il va, à travers son expérience dans la création des décors des pièces d’Ibsen, marquer son oeuvre // Munch embrasse ainsi les angoisses existentielles les plus intimistes, la dépression et la maladie avec des flous pourtant souvent vifs et colorés et questionne aussi le caractère subjectif du regard de l’homme et de l’artiste sur les évolutions de la société, les débuts du mouvement ouvrier, et, enfin, sur l’art.
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« L’art est la forme de l’image conçue à travers les nerfs de l’homme – son cœur – son cerveau – son œil. L’art est l’aspiration de l’homme à la cristallisation […] La nature n’est pas uniquement ce qui est visible à l’œil – c’est aussi les images que l’âme s’en est faite – les images derrière la rétine »./ Edvard Munch.
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Deux êtres humains, les solitaires / 1933-1935 / huile sur toile / Munch museet / Oslo
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Travailleurs rentrant chez eux / 1913-1914 / huile sur toile / Munch museet / Oslo
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Sur la table d’opération / 1902-1903 / huile sur toile / Munch museet / Oslo
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La vigne vierge rouge / 1898-1900 / huile sur toile / Munch museet / Oslo
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Neige fraiche sur l’avenue /1906 / huile sur toile / Munch museet / Oslo
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Enfants dans la rue / 1910-1915 / huile sur toile / Munch museet / Oslo
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Marins dans la neige / 1910-1912 / huile sur toile / Munch museet / Oslo
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Autoportrait entre l’horloge et le lit / 1940-1943 / huile sur toile / Munch museet / Oslo
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Nuit étoilée / 1922-1924 / huile sur toile / Munch museet / Oslo
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La bagarre /1932-1935 / huile sur toile / Munch museet / Oslo
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Edvard Munch, l’oeil moderne / Centre Pompidou / 28 novembre 2012
Shantel et ses musiciens mouillent leurs tee-shirts / et les nôtres / dès l’arrivée sur scène, orchestre et musiciens pleins de joie et entrainants me donnent envie de voyager / monter dans un train pour la Roumanie / virtuose de l’entrain pour emmener le public et générosité de la scène / c’est juste la joie de partager la musique et de danser / sans se connaitre plus / on est partout chez soi finalement / ils laissent un public épuisé complétement déshydraté / littéralement trempé /.
Revoir Psy, quelques mois après / et après La vie / Psy a beaucoup changé / mieux maitrisé / sous la vélocité, la souplesse, la force et l’agilité, ces corps couvent toujours, chacun, des troubles psychiatriques / Les 7 doigts de la main / toujours aussi dynamiques et poétiques /.
hommage magique à l’album de Tom Waits, Rain dogs / magistralement revisité par des musiciens aussi tarés les uns que les autres et peut-être autant que lui / une scène remplie qui, à elle seule, rend hommage à la musique et aux instruments /// Rain dogs, c’est les bas-fond new-yorkais / dans la nuit / sous la pluie // et la lune qui se reflète dedans /.
Rain dogs revisited / Salle Pleyel 22 novembre 2011/
Avec Arthur H, Camille O’Sullivan, Erika Stucky, St Vincent, Stef Kamil Carlens, The Tiger Lillies, Jane Birkin
et les musiciens,
David Coulter (direction musicale, scie musicale, guitare, banjo, percussions…), Dave Okumu (guitare), Terry Edwards (saxophones, trompette), Steve Nieve (piano et claviers), Thomas Bloch (Ondes Martenot, Cristal Baschet, Glassharmonica), Tom Herbert (contrebasse), Seb Rochford (batterie, percussions)
” C’est ce qui s’est passé: dans l’adversité, il y avait, étrangement, un bonheur fou, et quand il n’y avait pas d’obstacle, nous étions affreusement malheureux.
- Oui, on peut le croire”, dis-je, et je pensais: Le bonheur fou. Oui. Je me souviens du bonheur fou. Ça se paie très cher.
Quand Primo Levi s’est suicidé, tout le monde a dit que c’était pour avoir été déporté à Auschwitz. Moi j’ai pensé que c’était pour avoir écrit sur Auschwitz, enduré le labeur de ce dernier livre, contemplé l’horreur en pleine lumière. Se lever tous les matins pour écrire ce livre aurait tué n’importe qui.