…quelques fois ils leur pardonnent…
19 janvier 2010les enfants commencent par aimer leurs parents; devenus grands il les jugent; quelques fois ils leur pardonnent.
Oscar Wilde, Le portrait de Dorian Gray
…à cause du court espace de la vie…
16 janvier 2010si l’homme était forcé de se prouver à lui-même toutes les vérités dont il se sert chaque jour, il n’en finirait point ; il s’épuiserait en démonstrations préliminaires sans avancer ; comme il n’a pas le temps, à cause du court espace de la vie, ni la faculté, à cause des bornes de son esprit, d’en agir ainsi, il en est réduit à tenir pour assurés une foule de faits et d’opinions qu’il n’a pas eu ni le loisir ni le pouvoir d’examiner et de vérifier par lui-même, mais que de plus habiles ont trouvés ou que la foule adopte. C’est sur ce premier fondement qu’il élève lui-même l’édifice de ses propres pensées. Ce n’est pas sa volonté qui l’amène à procéder de cette manière ; la loi inflexible de sa condition l’y contraint.
De Tocqueville, De la démocratie en Amérique, 1840.
…prolonger ma vie…
10 janvier 2010Je ne perdrai pas mes jours à essayer de prolonger ma vie. Je veux brûler tout mon temps.
Jack London
…nous n’avons pas encore eu de mort…
9 janvier 2010Ce n’est que lorsqu’il commença à démonter la porte de son cabinet qu’Ursula se risqua à lui en demander la raison, et il lui répondit avec une amertume qui n’était pas feinte: « puisque personne ne veut partir, nous irons tout seuls. » Ursula ne s’émut pas pour autant.
- Nous ne nous en irons pas, dit-elle. Nous resterons ici parce que c’est ici que nous avons eu un enfant.
- Nous n’avons pas encore eu de mort, répliqua-t-il. On n’est de nulle part tant qu’on n’a pas un mort dessous la terre.
Gabriel Garcia Marquez, Cent ans de solitude.
…Raoul…
26 décembre 2009…l’avare…
25 décembre 2009- Ah ! L’odieux vieillard ! Donner est un mot pour qui il a tant d’aversion qu’il ne dit jamais : ‘Je vous donne’ mais : ‘Je vous prête le bonjour.’
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Podalydes et ses jambes atypiques font sautiller l’avare // petite mise en scène mais joli moment à l’orchestre de la Comédie.//. Maître Jacques (Jérôme Pouly), La Flèche (Pierre Louis-Calixte) et Valère (Stéphane Varupenne).
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L’avare de Molière
mis en scène par Catherine Hiegel
La Comédie française, 25 décembre 2009
…le chemin solitaire…
9 décembre 2009—
« je n’éprouvais aucun remords, je ne regrettais rien. J’étais seulement ivre de liberté », Arthur Schnitzler
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Les S[top] T[hinking] A[bout] N[ames], que j’avais déjà vu impressionnants dans My diner with André, m’offrent ici un texte magnifique et une mise en scène ingénieuse et géniale dans laquelle les comédiens, géniaux, échangent leurs personnages. on sait pourtant où on en est, qui est qui, sans efforts..jusqu’au coup de maître, mais modeste et c’est ce qui apporte l’enthousiasme, de l’échange père-fils.
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Le chemin solitaire, d’Arthur Schnitzler, mis en scène par les STAN,
théâtre de la Bastille, 9 décembre 2009
…comme un qui n’a fait que danser…
29 novembre 2009comme il a vite entre les doigts passé
le sable de jeunesse
je suis comme un qui n’a fait que danser
surpris que le jour naisse
j’ai gaspillé je ne sais trop comment la saison de ma force
la vie est là qui trouve un autre amant
et d’avec moi divorce
rien n’est plus amer à qui t’en prends-tu
plus commun plus facile
que perdre son temps et le temps est perdu
pourquoi t’en souvient-il
le hasard fait que j’y pense parfois
et toujours je m’étonne
ainsi je fus ainsi j’ai vécu moi
ce printemps monotone
on n’en peut compter rien d’intéressant
malgré ses airs baroques
et je n’ai jamais été qu’un passant
embourbé dans l’époque
de loin tout ça paraît aventureux
saoulant blasphématoire
les nouveaux venus en parlent entre eux
on en fait des histoires
vous du moins dit-on vous aurez bien ri
entre les draps du drâme
sûr cela valait d’y mettre le prix
fût-ce le corps et l’âme
vous aurez été libres de rêver
libres comme l’injure
mais vous regardez nos pieds entravés
avoir raison c’est dur
ils rêvent pourtant ces fils d’aujourd’hui
où toute chose est claire
et s’ils ont regret c’est de notre nuit
et de notre colère
ah le beau plaisir que lire aux bougies
des choses éternelles
ils voudraient troquer l’idéologie
pour l’irrationnel
ne voyez-vous pas malheureux enfants
que tout ce que nous fûmes
se dresse devant vous et vous défend
le seuil mauvais des brumes
ce que nous étions nous l’avons payé
plus qu’on ne l’imagine
et regardez ceux qui vous ont foudroyés
sans coeur dans la poitrine
mais qu’espéraient-ils et que ne vient pas
quels astres quelles fêtes
de qui croyez-vous ces traces de pas
des hommes ou des bêtes
ils s’imaginaient d’autres horizons
d’autres airs de musique
et vous vous plaigniez vous d’avoir raison
sur leur métaphysique
moi j’ai tout donné que vous sachiez mieux
la route qu’il faut prendre
voilà que vous faîtes la moue aux cieux
et vous couvrez de cendres
moi j’ai tout donné mes illusions
et ma vie et mes hontes
pour vous épargnez la dérision
de n’être au bout du compte
que ce qu’à la fin nous aurons été
à chérir notre mal
le papier jauni des lettres jetées
au grenier dans la malle
Aragon, Le roman inachevé


Publié par ouplala 






