…la même anxiété mais purement morale…

et, à nouveau, ce fût la même anxiété, mais purement morale, analogue seulement à l’étrange tourment qui précède la nausée. C’était pénible, écrasant. Il me semblait que j’avais peur de la mort, mais devant la vie je tremblais plus encore. Imperceptibles, la vie et la mort s’amalgamaient, s’unissaient (…). Il n’y avait pas une goutte de bonté en moi et je ne ressentais qu’une animosité égale et calme, comme moi-même et contre celui qui m’avait créé. Qui était-ce? on dit que c’est Dieu…Dieu ! Priez me rappelai-je ! Et je ne croyais à rien… Je me mis donc en prières (…) Je recommençais à vivre comme auparavant. Cependant, la peur de la peur était toujours latente en moi. Comme un enfant récite par coeur une leçon apprise par habitude, il me fallait vivre, vivre afin de ne pas retomber sous l’emprise de la terrible sensation qui, pour la première fois, m’avait saisi à Arzamas.
Leon Tolstoï, Mémoire d’un fou
….
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