…n’importe quel rêve d’or englouti…

« Tu poursuis des choses négatives, l’avait un jour prévenu Willie-Jay dans un de ses sermons. Tu ne veux te soucier de rien, exister sans responsabilité, sans foi, sans amis et sans chaleur.

Au cours de ses récentes pérégrinations solitaires et sans confort, Perry avait mainte et mainte fois ressassé cette accusation, et il avait décidé qu’elle était injuste. En fait, il se souciait – mais qui s’était jamais soucié de lui ? Son père ? Oui, jusqu’à un certain point. Une fille ou deux, mais c’était une « longue histoire ». Personne d’autre, à l’exception de Willie-Jay lui-même. Et Willie-Jay était le seul à avoir jamais reconnu sa valeur, son potentiel, admis qu’il n’était pas simplement un métis trop musclé, et plus petit que la moyenne, l’avait vu, en dépit de toute sa morale, comme Perry se voyait lui-même: « exceptionnel », « rare », « artistique ». Sa vanité avait trouvé en Willie-Jay un soutien, sa sensibilité un abri, et l’exil de quatre mois loin de cette appréciation surfine l’avait rendue plus alléchante que n’importe quel rêve d’or englouti. »

truman capote / de sang-froid

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